jeudi 23 juillet 2015

Novellas - Didier Daeninckx

Récemment, j'ai gagné grâce au site Babelio, dont je vous avait déjà parlé, le livre Novellas de Didier Daeninckx, édité au Cherche-Midi. Je vous en livre ici ma critique.

Novellas est un recueil de onze longues nouvelles qui nous plongent, tour à tour, dans un sentiment de tristesse, de résignation, de désespoir, d'humilité, ou d'admiration.



Ses personnages peuvent être répartis en plusieurs catégories. Certains, comme dans "Mortel Smartphone", sont les victimes inoffensives de leur environnement. D'autres, comme dans " La Repentie" ou "La Mort en Dédicace" sont les acteurs de leur propre destruction. D'autres encore, comme dans "A Louer sans Commission" ou " Légende du Rail" font preuve d'une humanité et d'une bienveillance sans pareilles.

A travers ces différents récits, Didier Daeninckx nous fait voyager en Afrique, en Nouvelle-Calédonie, dans le nord de la France, Paris, sa banlieue, ou encore la campagne.

Toutes ses histoires, très détaillées, trop peut-être, nous ensevelissent sous des couches d'informations, qui rendent la narration plus réelle mais aussi, parfois, plus difficile à suivre. L'absence de véritable fin pour certaines des nouvelles m'a parfois dérangée, mais c'était nécessaire pour rendre le récit plus intéressant, et pour permettre au lecteur de se questionner, de s'interroger, de prendre du recul.

Mes deux nouvelles préférées ne se ressemblent pas. La première, "La Particule" m'a séduite grâce à son personnage principal. Prisonnier de la misère qui touche les pays du Nord, cet homme s'invente un personnage afin d'aspirer à une vie meilleure. Bien que la trame de fond soit dramatique, on ne peut s'empêcher de sourire devant les élucubrations loufoques de cet homme totalement coupé des réalités. La deuxième, "A Louer sans Commission", m'a touchée, émue, et m'a fait réfléchir sur notre société actuelle, et le sort que nous réservons à nos aînés.

 Bien que certaines des nouvelles n'aient pas été à mon goût, on ne peut rester insensible aux fables de Didier Daeninckx.


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jeudi 16 juillet 2015

Dilemme au cinéma

Bonjour à tous.

En cette période de canicule, vous avez peut-être envie d'aller vous rafraîchir dans les salles obscures. Mais attention aux mauvaises surprises !

Récemment, j'ai voulu aller au cinéma, histoire de me détendre avant ma soutenance. Après avoir subi Mad Max pendant 2h30, je voulais m'assurer d'aller voir un film qui allait me plaire. Ainsi, j'avais prévu d'aller voir Mustang, dont le thème allait sûrement me ravir. Hélas ! Arrivée en retard, j'avais raté les dix premières minutes du film. Je me suis alors rabattue sur ce que je pensais être un film chinois sur la reconstitution d'une bataille post seconde guerre mondiale: La Bataille de la Montagne du Tigre


Le début n'est pas si mal, les décors sont très beaux, on pourrait penser que c'est bien parti pour me plaire ! Mais, dès les premiers dialogues je suis déçue. Bien que les sous-titres se doivent d'être concis, ce que je lisais était sans intérêt. Puis, vient la première scène de bataille: des actions au ralenti, des balles qui font exploser des têtes, projetant du ketchup partout... Je me suis retrouvée à chercher mécaniquement ma télécommande, afin de zapper.

Entre une intrigue tirée par les cheveux, du misérabilisme à la pelle, des scènes affreusement ringardes et des personnages soit tout gentils, soit tout méchants, j'ai dû faire un choix.

Au bout de 30 minutes de film, je savais que je devrais partir avant la fin. Mais pourrais-je vraiment le faire ? Je ne voulais pas être la première à quitter la salle, et, bien que étions peu nombreux, j'avais la certitude que certains allaient partir avant moi. Mais non, tout le monde est resté. Au bout d'une heure trente de supplice, j'ai décidé de partir. Mais ça m'a fait vraiment bizarre. Je n'avais jamais quitté une salle de cinéma avant la fin d'un film. Du coup, en voyant les critiques extrêmement positives laissées par plusieurs spécialistes, je me suis demandé si je n'avais pas raté le meilleur. Si, finalement, le chef-d'oeuvre ne se révélait que dans les dernières scènes...

Mais je ne recommencerai pas le visionnage de ce film pour le savoir !

Et vous, avez-vous déjà quitté une séance de cinéma avant la fin ?

jeudi 9 juillet 2015

Nouvelle - Hannah



1.                  « Instructif et inoubliable »

Le 4 Septembre 2009. C’est la date précise de mon départ pour Londres. Je partais pour dix mois en tant que Jeune Fille au Pair. Je me souviens encore de mon excitation ce fameux matin quand j’ai quitté la maison de Jonathan pour rentrer chez mes parents et faire les préparatifs de dernière minute. J’avais tout prévu afin de rendre ce séjour aussi instructif et inoubliable que possible. J’étais tellement enthousiaste que je me suis mise à sauter partout dans ma chambre, comme une puce. Mais dans ma joie, je me suis mal réceptionnée et je me suis fait un beau bleu au tibia. Maintenant que j’y repense, ça aurait été mieux que je me blesse gravement ce jour-là.

2.       «  Hannah, Lucie, Lisa »

Début juin je m’étais inscrite dans une agence spécialisée dans le placement de Jeunes Filles au Pairs. Je voulais changer d’air, vivre dans cette ville qui m’attirait tant et perfectionner mon anglais en vue de futures études. Avec mon budget limité, le job d’Au Pair était parfait pour moi, avec l’exception près que je n’aime pas vraiment les enfants. Comment dire… J’aime les enfants mais, vivre avec des petits ce n’était pas vraiment mon rêve. Je priais donc pour tomber sur une famille avec des enfants bien élevés et mignons.
Deux semaines après le dépôt de mon dossier, l’agence m’a appelée. Mon profil avait convenu à une famille résidant dans la banlieue de Londres. La mère, Hannah a 34 ans et est veuve. Les deux petites filles, Lucie, 8 ans et Lisa, 5 ans, ont une passion pour le piano et l’équitation. Hannah est journaliste et travaille depuis son domicile. Elle a besoin d’une Au Pair car il lui est devenu difficile de tenir sa maison, s’occuper de ses filles et rédiger ses articles. Elle recherchait une française afin d’apprendre les bases de la langue de Molière à ses filles. Immédiatement emballée j’ai tout de suite accepté de contacter cette famille. Une semaine plus tard, mon billet était réservé.

3.       « Un gros caprice »

Et me voilà, ce fameux vendredi où ma vie a pris une toute autre tournure. Hannah devait venir me chercher à Heathrow et me conduire jusque chez elle. Tout était prévu, je n’en pouvais plus d’attendre. Au moment de dire au revoir à mes parents, mon frère et Jonathan j’ai ressenti un pincement au cœur et j’ai eu un doute de dernière minute. Devais-je vraiment partir ? Peut-être devais-je tout annuler et trouver un autre projet. Mais je me suis sentie ridicule d’avoir ces idées. J’avais juste peur de l’inconnu. Puis, quelques heures plus tard, mon avion atterrissait sur le tarmac londonien.
Après avoir récupéré mes bagages je me dirige vers la sortie et scrute les personnes tenant des pancartes. Je recherche mon nom mais ne le voit pas. « Smith », « Johnson », « Khan » mais pas moi. Je trouve alors un téléphone public et je compose le numéro de téléphone de la maison. Personne ne décroche. J’étais à bout de nerfs. J’étais dans un pays étranger, je ne maitrisais pas très bien la langue, je n’avais que £50 sur moi et j’étais seule au monde. Je me suis assise sur un banc et j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. « Un gros caprice » comme aurait dit ma mère. J’étais désespérée. Et puis, plusieurs dizaines de minutes plus tard je me suis ressaisie. Après tout j’avais l’adresse de la maison et je connaissais le nom de la station de métro la plus proche. J’avais bientôt dix-neuf ans, j’étais capable d’aller d’un point A à un point B. Alors je me suis rendu jusqu’à la station de métro de l’aéroport, j’ai baragouiné quelques mots pour obtenir mon Oyster Card et j’ai emprunté la Picadilly Line.


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